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Le vol du hibou...

« J'ai parcouru la moitié de la terre et je me suis enrichie de plus d'expérience que tout autre oiseau », dit l'hirondelle au hibou.
« Comment est-il possible que l'on vénère ta sagesse, alors que tu vis la nuit et ne quittes pas tes falaises ? »
« C'est les yeux fermés que je vois le mieux et mes pensées voyagent bien plus loin que tes ailes ! », répondit le hibou.

L'expérience du vol de nuit est tout à fait singulière, le vol diurne, aussi enrichissant et fascinant soit-il, n'égale en rien le vol de nuit.
L'ambiance feutrée du cockpit, le silence et l'isolement apportent au vol de nuit cet indescriptible sentiment de calme et de sérénité. Le temps est suspendu, les repères habituels disparaissent... Seuls demeurent quelques traces de vie, lumières éparses des habitations survolées, constellations d'étoiles, feux des liners en route vers de lointaines destinations.
Chaque vol est une expérience unique, nouvelle et forte, toujours attendue avec impatience. La préparation est encore plus rigoureuse, le hasard et l'improvisation n'y ont pas leur place.
J'espère que ces quelques images imprécises et embrumées d'un vol Troyes -Toussus réussiront à dévoiler et retranscrire un peu de la magie du vol des hiboux !
Activation du plan de vol et demande de mise en route par téléphone, départ IFR oblige...
Préparation de la machine et mise en route.
Ce n'est pas celle d'Aladin, mais elle est incontournable en vol de nuit.
La check-list est lue minutieusement.
Les feux allumés apportent un peu de vie au tarmac glacial.
Roulage vers le point d'arrêt...
... et check-list décollage.
Les lumières de Paris inondent l'horizon, il faut préparer l'arrivée.
ZN passera la nuit près d'un massif T28...
... tandis que l'ombre d'un Cessna rode sur les portes du hangar... Il est 22 heures, il fait 0°, et Toussus s'endort.

Vol de nuit - Episode 3

Une fois encore, les trajectoires VFRn publiées de la région parisienne se refusent à nous !
La météo médiocre de cette fin de journée ne nous permettra pas de disposer des minimas nécessaires à notre tour de Paris.
J'arrive à Toussus vers 17 h, un Cessna 172 tourne en dernier virage, je l'observe en regardant néanmoins la route devant moi, le piqué de l'image n'est pas très bon, limite flou...
La visibilité va à nouveau nous jouer des tours ou du moins, modifier ce que nous avions planifié initialement.
Après un rapide briefing téléphonique ce matin, nous avions déjà anticipé ces conditions et décidé qu'au cas où, fort probable... nous ferions un départ IFR vers Melun afin d'aller y faire quelques tours de pistes, histoire de ne pas perdre la main de nuit sur le TB.
C'est donc ce plan B que nous mettons en place.
Nous avons un nouveau passager ce soir, Patrick, qui fait son baptême de vol de nuit et de TB.
Christian assure l'aller.
Nous demandons la mise en route à 18h10, aussitôt accordée, et suivie d'un roulage pour la 25 droite.
La lumière décline doucement, petit à petit, les éclairages apparaissent.
La clairance IFR nous est donnée au point d'arrêt, alors qu'un DR400 nous survole pour atterrir en 25 gauche.Ce sera un départ DORDI 1N. Cap vers l'ouest, direction le NDB HOL. Virage à gauche ensuite au 147 vers RBT, le tout en montée vers 3000 ft.

Aussitôt après avoir passé le célèbre château d'eau, le contrôle nous envoie direct sur Mike Victor, la balise ADF au sud-ouest de Nangis.
Sans plus attendre, le point est immédiatement chargé dans le Garmin 530, et la route apparait sur l'écran du GPS.
Les dernières lueurs du jour disparaissent derrière les masses nuageuses, nous sommes rapidement dans la couche et après quelques minutes aveugles, nous retrouvons la vue entre 2 épaisseurs.
Le contrôle nous demande plusieurs fois de vérifier notre cap, pourtant nous sommes bien calés sur la trace GPS, direct sur MV.
A l'approche de Melun, le contrôleur réitère sa requête et nous confirme que nous faisons route 30° à gauche de celle que nous sommes censés suivre !
Rapide analyse de la situation et eurêka, le boss a trouvé, nous avons entré dans le GPS l'ILS de Melun et non la balise, les deux portent le même nom: Mike Victor. Confusing isn't it ???
La situation est rapidement corrigée, nous allons cette fois jusqu'au bon MV, puis virage par la gauche pour aller intercepter l'ILS 28.
Christian nous gratifie de deux tours de pistes dans la foulée, avant d'aller retrouver le hangar aux Vampires.

Yves a prévu le picnic, soirée libano-grecque ! Taboulé et moussaka sont à la carte de notre repas aéronautique.
Nous parlons Vampires bien sûr, mais également réservoir de Jodel, La Ferté, Spit, Mustang... bref, rien de très original pour une discussion de pilotes !
Le plan de vol retour est déposé pour 21 heures locale, il est déjà temps de regagner Zoulou Novembre.
La météo semble s'être sensiblement améliorée, il y a bien toujours un peu de vent du sud, mais le plafond a bien gagné 3 ou 4000 pieds, nous avions overcast 1200 lors de nos tours de pistes à l'aller et cette fois, tout apparait bien plus clair.
Mise en route, radio en auto-info et roulage pour le point d'arrêt 28. Je me remémore tous les paramètres pour les quelques tours de pistes que je fais effectuer avant de regagner Toussus.
Mes deux premières approches sont largement over-shootées ! J'ai sans doute serré un peu trop la vent arrière, et le TB ne ralentit pas aussi vite qu'un DR400 en étape de base.
La vitesse en vent arrière de l'un équivaut à la vitesse en croisière de l'autre alors évidemment, on se laisse vite surprendre !
Concentré sur mon ré-alignement à mon second toucher, j'oublie les phares, finalement cela ne change pas grand chose, le trou est juste un peu plus noir...
Un coup d'oeil au vario en très courte finale, 300 ft/mn, si ça touche plus tôt que prévu, l'appontage sera sans conséquence.
Le troisième et dernier toucher sera le bon, vent arrière un peu plus loin et dernier virage anticipé nous amèneront sur l'axe.
Durant la montée initiale qui suit, Yves contacte Seine pour activer notre plan de vol retour, en IFR également.
Le contrôle nous donne un cap au 330, direction OYE et 3000 ft.
Nous passons avec Orly qui nous expédie de suite 1000 ft plus haut et cap au 300, jusqu'à intercepter le localizer de l'ILS 25 droite de Toussus.
A nouveau la superbe approche 25 de Toussus nous amène au-dessus de la finale 26 d'Orly, puis jusqu'au périphérique avant de tourner à gauche dans l'axe d'arrivée.
Longue finale vers Toussus, atterrissage tranquille, et retour vers le hangar Tudair.
Il y a encore du monde à la tour, la contrôleuse attend un dernier jet pour "fermer", sans doute celui d'un célèbre afficheur.
Effectivement, alors que nous nous séparons pour retourner vers nos vies de terriens, le sifflement des réacteurs vient troubler la plateforme quasi déserte.
Seul un DR400 téméraire enchaine encore les derniers tours de pistes...


Vol de nuit - épisode 2

Second épisode, et premier vol de nuit de cette nouvelle année.
Dans le cadre d'une future qualification VFRN, nous avions prévu avec Yves et Christian d'aborder les trajectoires publiées autour de la région parisienne. La majorité de ces dernières s'effectuent aux alentours de 1500 ft, ce qui signifie compte tenu des conditions météorologiques requises, un plafond à 3000 ft, agrémenté d'une visibilité horizontale de 8 kms.
L'état du ciel ce jeudi ne se prête guère à cet exercice, plafond bas, couches nuageuses multiples, et un vent plus adapté à la planche à voile qu' au vol serein !
Qu'à cela ne tienne, l'avion est réservé de longue date, nous maintenons le vol, mais décidons d'un commun accord d'aller fouler le tarmac normand, et plus particulièrement celui du Havre Octeville. J'ai eu l'occasion d'y aller récemment mais de jour, et sous un beau soleil automnal et anticyclonique.
Nous rejoignons Yves à 17 heures à Toussus. Le "patron" est déjà à la tour, le plan de vol IFR est déposé et nous allons rendre visite à madame Météo pour prendre les dernières sur notre trajet vers l'ouest.
Un front est déjà installé sur la Manche, les précipitations arrivent sur la côte. Le vent prend de la vigueur pour s'établir sud sud-ouest aux environs de 20 kts, avec rafales à 30, que ce soit en Normandie, mais déjà également en région parisienne. J'ai d'ailleurs pu m'en rendre compte en moto, où je commençais à prendre de la gite dans la plaine qui environne Toussus !
Les conditions sont appelées à se dégrader en début de nuit, ainsi que toute la journée de demain. Rafales à 40, voir 45 kts prévues dans quelques heures. Nous devrions néanmoins avoir le temps de boucler notre aller et retour avant cette dégradation.
La nuit est déjà tombée lorsque nous demandons la mise en route. Je ferai l'aller cette fois, et Christian le retour.
Le contrôle nous autorise le roulage au point d'arrêt 25 droite. Je m'applique à maintenir ZN sur la ligne jaune, faiblement éclairée par les pseudo projecteurs montés sur l'aile gauche du TB. Le temps de dérouler la checklist et de faire les essais moteurs, et la clairance nous est donnée. Nous sortirons vers l'ouest par un virage à droite en direction de la balise HOL, pour ensuite mettre le cap sur le VOR de l'Aigle, le tout au niveau 50.
Le vent est du 190 pour 17 kts, rafales 26. La piste est une 25, ce qui nous donne une quinzaine de noeuds de vent traversier.
Alignement, plein gaz, manche à gauche pour contrer le vent, 75 kts rotation, et montée initiale à 110 kts. Je majore toutes les vitesses pour "épauler" les rafales.
Nous nous faisons gentiment secouer en quittant le plancher des vaches mais rien de bien méchant.
Fais Ton Métier Pour Vivre Entier ! La litanie d'usage est déclamée: Freins, Train rentré, Moteur 25 pouces à l'admission, Pas 2500 tours, Volets rentrés, Essence débit sur 18. C'est parti pour de nouvelles aventures !
Nous quittons le contrôle de Toussus pour passer avec Villacoublay qui nous confirme notre route vers L'Aigle, et nous expédie 2000 pieds plus haut vers le FL70.
Nous traversons déjà une première couche vers 1000 ft, et continuons notre montée. Les turbulences se calment avec l'altitude. Nous sommes stables au niveau 70, le GPS indique 130 kts de ground speed.
Sans même attendre notre prochain point de report, le contrôle nous donne une directe LHO, la balise du Havre.
Tout va comme toujours très vite, nous prenons le temps d'admirer la vie terrienne qui filtre discrètement à travers les trouées nuageuses, Evreux puis Rouen sont rapidement dépassés et déjà, le contrôle de Deauville nous autorise la descente vers 2000 ft. Nous survolons la rive nord de la Seine et laissons sur notre gauche le pont de Tancarville puis le pont de Normandie. Nous nous dirigeons vers la balise située au nord est du terrain, pour nous positionner en approche ILS23. La proximité du sol réveille les turbulences qui secouent le Trinidad. Petit à petit, nous ramenons le cap vers l'ouest jusqu'à intercepter le localizer puis le glide qui nous amèneront sur l'axe en finale. La pluie martèle doucement le pare-brise, mais le vent a dégagé l'atmosphère et nous bénéficions malgré les conditions d'une excellente visibilité. La piste et le PAPI sont devant nous. Le vent vient très légèrement de la gauche, l'atterrissage devrait se faire sans difficulté. J'essaie de me concentrer pour suivre le HSI, Tu Peux Voler: Train, Pas, Volets, 80 kts en courte, cette fois, je ne me ferai pas surprendre à l'arrondi ! Je maintiens 300 pieds / minute, et ZN pose gentiment ses roues sur la piste Havraise mouillée par la récente pluie. Nous dégageons par la gauche pour aller nous stationner à proximité d'un Cessna, seul avion présent sur le parking en ce début de nuit.
Il y a de la lumière dans les locaux de l'aéroclub, nous en profitons pour aller demander l'hospitalité ! Comme toujours les "collègues aviateurs" nous accueillent et mettent à notre disposition leur machine à café. Ils nous font part des déboires qu'ils ont eu avec leur nouveau DA40 diesel, qui s'est vaché heureusement sans gravité pour ses occupants, après une panne moteur (encore une ...).
L'avion que nous allons voir dans le hangar n'est effectivement plus en état de voler, le train a cédé sous la pression, et les ailes ont été stoppées par des clôtures...
Nous ne souhaitons pas trainer pour rentrer et saluons nos hôtes, en les remerciant pour leur hospitalité. Nous regagnons sous la pluie ZN qui nous attend pour retourner se mettre à l'abri à la maison !
Roulage, décollage, montée initiale puis virage à gauche pour à nouveau retrouver le chemin du VOR de l'Aigle. Malgré les nuages et la pluie, le Havre se dévoile sous notre aile gauche. La zone portuaire s'étend presque jusqu'au pont de Tancarville.
Rapidement, nous entrons dans la couche et cette fois, la pluie est bien plus forte. Les grosses gouttes défilent sur les ailes dans la lueur des projecteurs.
Nous montons vers le niveau 80. Après avoir franchi l'Aigle, le contrôle nous envoie sur le VOR de Chateaudun, début de l'approche pour la 25 de Toussus, puis rapidement nous donne un nouveau cap direct sur TSU. Cela signifie que nous bénéficierons d'une superbe approche au dessus de Paris pour rejoindre la finale. Yves nous indique que cette procédure n'est quasiment plus utilisée de nos jours, et que c'est une réelle chance de pouvoir en bénéficier. Le coup d'oeil sur la capitale est parait-il exceptionnel.
Le vent pousse très fort de l'arrière et les 200 kts de ground speed sont allègrement franchis ! ZN file comme une fusée dans le brouillard. Attention, pas plus de 250 kts sous le FL 100 !
L'indicateur de température extérieure nous indique -4° et la pluie continue de fouetter le TB20. Yves sort sa lampe électrique, éclaire les ailes, une légère pellicule de givre commence à accrocher les bords d'attaque. Nous nous préparons à solliciter un niveau plus bas mais le contrôle semble avoir anticiper notre requête, et nous propose de commencer note descente vers Toussus. Au fur et à mesure que nous descendons, la température remonte et repasse en positif.
Nous passons EPR, laissons Rambouillet et les chasses présidentielles sur notre droite puis arrivons sur Toussus.
"ZN descendez 3000 ft et prenez le 72 de TSU".
Nous traversons la dernière masse nuageuse et Paris se déploie sur note gauche. Comme nous l'avait dit Yves, la vue est exceptionnelle.
Nous longeons le périphérique jusqu'à la porte d'Ivry, ébahis par le spectacle qui nous est offert. Un demi tour par la droite jusqu'au cap 290 nous amènera sur la trajectoire pour intercepter l'ILS.
M A G I Q U E !!!
Devant nous, au loin, la piste est déjà en vue. Christian prépare sa machine pour l'atterrissage. le contrôle nous passe le dernier vent: 21 noeuds du 180 avec rafales à 29. Ca bastonne ! Pratiquement plein travers, de nuit et sous la pluie. Bon courage Christian...
ZN arrive arrive en crabe, voir en tourteau jusqu'en courte. Ca chauffe ! Finalement (c'est le cas de le dire...), Christian et Yves nous feront une partition à 4 mains et 4 pieds pour ramener tout en souplesse ZN sur la piste. Je profite du spectacle à l'arrière. Ca secoue en courte, mais le kiss est accompli. Je sens que les 4 pieds pédalent à gauche et à droite pour tenir l'axe mais ça roule ! Nous regagnons le hangar Tudair où stationne notre appareil.
Il est 21h30 locale, nous en avons encore plein le yeux et afin de ne pas en rester là, nous nous dirigeons en convoi routier cette fois jusqu'à Versailles, où nous finirons notre soirée autour d'une pizza et d'une bonne bouteille de rosé de Provence.
Quel pied quand même le vol de nuit !!!

Vol de nuit

Jeudi matin 7h00: j'ouvre les volets et je scrute le ciel de ma banlieue ouest. Bleu, humide, quelques traînées nuageuses parsèment l'azur matinal.
7h30: je sors de la douche. Juste au-dessus de moi, le Vélux de la salle de bain, écran cathodique qui ne diffuse qu'une seule chaîne: les images du plus beau bureau du monde, une sorte de Discovery channel avec toujours le même reportage !
Tous les matins, le même cérémonial se répète, je ne peux m'empêcher de lever la tête, de scruter l'infini et de me dire, si seulement....

Chaque matin, ainsi, je rêve.
Au-dessus de ma tête embrumée, les lignes blanches des liners en croisière dessinent sur l'infini des figures géométriques. Lorsque j'ai le temps, je pousse le vice, j'allume ma radio portative et j'écoute Roissy approche, Roissy tour...
Mais aujourd'hui est un jour différent ! Je ne rêve pas ! Je suis dans le présent, le vrai et ce soir, j'y serai.
Ce 22 novembre marque le début de saison de mes trop rares vols de nuit hivernaux.
8h30: j'enfourche ma moto vers une petite matinée de travail, la fleur au fusil et l'humeur légère. Dans 8 heures, je serai sur le tarmac à Toussus.
Paris vit encore à l'heure des grèves et la circulation terrienne demeure chaotique. Là haut, tout n'est que calme, froid, et sérénité...
12h56: le périphérique est fluide et chaque tour de roue me rapproche un peu plus de Toussus. Le ciel est clair et limpide sur Paris, seuls quelques cirrus viennent troubler le tableau. J'en profite pour saluer respectueusement le Mirage III de la cité de l'Air à Balard.
A l'ouest néanmoins, les conditions semblent se dégrader lentement, dame météo aurait-elle prévu de nous jouer les tours dont elle a le secret ?
16h30: j'arrive à Toussus. Le ciel s'est effectivement obscurci et chargé d'humidité. Le plafond a nettement diminué et plusieurs couches successives se sont formées. Le vol en VFR est compromis. Qu'importe, l'avion, l'instructeur et le terrain de destination sont IFR, et les conditions ne sont pas suffisamment dégradées pour remettre en cause notre vol.
Je foule enfin le tarmac de Toussus. Je ressens toujours la même sensation, une indescriptible impression de franchir une porte, et de pénétrer dans un monde parallèle.
Malgré le son des moteurs, c'est une impression de calme qui règne. Tout est précis et ordonné. Le ballet des avions et des véhicules de carburant, le camion rouge des pompiers qui éffarouchent les volatiles...
J'appelle Yves notre instructeur, il est à la tour, en train de se démêler avec les plans de vols successifs ! Annuler le VFR, repasser l'IFR, modifier le trajet pour revenir par le sud et profiter à nouveau de la splendide arrivée IFR en 25.
Entre temps, tout le monde est arrivé. Christian, avec qui je partagerai ce vol, Michel, "sac de sable" du jour et photographe, et surtout F-ZN.
En attendant le retour du "patron", Christian qui fera l'aller effectue sa prévol.

Le camion d'essence abreuve ZN de 70 litres complémentaires. A 4, il n'est pas question de faire les pleins complets. Le trajet total devrait représenter 2 heures 30 de vol, soit une consommation d'environ 150 litres.

Derniers préparatifs avant le départ, nous étudions une dernière fois les plans de vol qu'Yves vient de déposer. Départ, route, approche à Reims...

La clairance nous est donnée, Christian met en route et roule vers le point d'arrêt 25 droite.
Nous décollons à la nuit, après avoir laissé passer et admiré les lucioles mécaniques. Blanc, bleu, vert, les couleurs s'enchevêtrent dans l'ombre autour de nous.

Puissance, rotation à 70 kts, puis montée initiale à 100 kts dans l'axe vers 3000 pieds.
" Fais Ton Métier Pour Vivre Entier": Freins, Train, Moteur 25 pouces à l'admission, Pas 2500 tours, Volets rentrés à 300 pieds et 80 kts, Essence, pompe sur off.
Le contrôle de Toussus nous donne un cap à droite au 340, puis le départ corrige et virage à gauche au 180... Le passage par le nord de Paris semble être remis en question !
Après quelques minutes vers le sud, cap à l'est sur le VOR de Melun, et montée au FL50. Nous avons déjà traversé plusieurs couches nuageuses. Les lumières de la capitale filtrent à travers les brumes du couchant. Nous passons travers sud Brétigny, puis Orly.
Passé MLN, Seine nous envoie vers Arsil, intersection située au nord de Troyes. Nous survolons la centrale de Bray sur Seine et son panache vaporeux.
ZN file à 160 kts dans le calme de la nuit.

La lune, haut dans l'axe nous montre le chemin, telle un phare guidant les navires.
Sans attendre Arsil, le contrôle nous donne un cap nord direction Reims. L'approche IFR de Reims est très particulière, mais surtout très chronophage compte tenu de son tracé pour le moins pittoresque ! Dans ces conditions, Yves demande l'annulation du plan de vol IFR afin de basculer sur une approche VFRn, beaucoup plus directe.
L'horaire de fermeture de Toussus nous oblige toujours à courir après la montre.
Nous passons avec Reims contrôle pour les informer de notre position et de nos intentions, puis commençons à descendre pour rejoindre la vent arrière 25 de Reims Prunay.
3 pressions sur la pédale d'alternat pour allumer la rampe et de suite tombe la question habituelle: "elle est où la piste ?", elle devrait être là, dans nos 2 heures. Cette fois, seules quelques secondes seront nécessaires pour identifier le ruban lumineux.
La vue est magnifique, les lumières de la cité champenoise brillent de mille feux sous notre aile gauche.

Christian prépare la machine, et nous voici déjà établis en finale à 80 kts. "Tu Peux Voler": Train, Pas, Volets. Arrondi et toucher en douceur.
La plateforme est déserte, nous roulons jusqu'au restaurant L'Escale, accessible en seulement quelques pas.
Comme presque toujours, "white wolf" Yves retrouve des connaissances, le milieu est petit !

Nous nous régalons d'un repas sympathique et convivial où nous évoquons le pilotage VFR par rapport à l'IFR, les traitements journalistico-sensationnels de notre industrie aéronautique, le récent problème de l'... A... à T..., oups, pardon Yves, nous n'en parlerons plus sans savoir, promis !
Le plan de vol retour est déposé pour 19h45 UTC, il est temps de prendre congé des lieux après notre "café gourmand".

Une fois installé aux commandes, je déroule les check-lists, puis roule pour le point d'arrêt 07. Le vent est nul et une fine brume s'est installée, enveloppant d'un voile discret la plateforme.
Aligné 07, puissance sur freins, la piste est en légère montée. Je libère les 250 CV du TB20 qui nous propulsent dans l'immensité assombrie. Un virage par la droite pour rejoindre le sud, le temps de contacter le contrôle afin d'activer notre plan de vol.
Notre trajet est confirmé: Dikol, Vatry, Troyes, Melun puis Toussus, le tout au niveau 60.
Malgré la nuit, nous constatons que la Champagne s'est considérablement embrumée, de grandes plaques de brouillard masquent le sol. La visibilité nocturne est toujours surprenante pour le hibou occasionnel que je suis. Les villes parsèment l'obscurité de surfaces lumineuses orangées, qui offrent de remarquables repères visuels.
Stables au niveau 60, nous demandons au contrôle un direct MLN. "descendez au niveau 50, patientez quelques minutes et je vous confirme la directe" nous répond le contrôleur. Un avion est en approche pour Vatry, nous devons patienter.
Les minutes passent, nous avons déjà laissé Vatry sur notre gauche depuis un moment, et les lumières de Troyes sont juste devant nous lorsque nous avons notre autorisation "direct MLN".
Nous traversons à nouveau le panache "nucléaire" de la centrale de Bray, espérant ne pas finir irradiés, nous sommes déjà suffisament attaqués par notre passion dévorante !
Tandis que la couche se fait de plus en plus dense, Vatry nous transfert sur l'approche d'Orly qui va prendre en charge notre arrivée, jusqu'à intercepter l'ILS 25 de Toussus.
"F-ZN tournez à droite au 340". Le contrôle d'Orly va ainsi nous amener de 10° en 10° par la gauche jusqu'à intercepter le localizer.

Nous sommes dorénavant totalement dans la couche et les nuages qui défilent sur le pare-brise perturbent mes sens. Je coupe le projecteur et reste les yeux rivés sur les instruments pour suivre les consignes du contrôle. "F-ZN à gauche au 330". Alors que je me concentre sur la tenue de l'altitude et du cap, la radio égrène des "Air-France xxx" ou "Aigle Azur yyy", réduisez 250 kts". Nous n'avons pas l'habitude de partager la même fréquence que les pilotes de "plus beaux bureaux du monde" !
Entre deux messages, le contrôleur nous glisse: "Vous avez eu la météo de Toussus ? parcequ'il y a quelques minutes, ils annonçaient 350 mètres de visi...".
"Euh, nous avons pris la météo avant de quitter Reims, ça passait sans problème".
"Très bien, quittez la fréquence quelques instants le temps d'appeler Toussus".
"Toussus de F-ZN, vous pouvez nous confirmer la météo svp ?".
"visi supérieure à 10 kms, mais j'ai passé entre 350 et 1000 mètres il y a peu de temps. Des couches basses vont et viennent sur le terrain".
Nous espérons que les conditions se maintiendront en l'état, sinon c'est Melun, ou Orly ! Pas très pratique dans ces conditions de rejoindre nos véhicules à Toussus !
Il faudra attendre d'arriver au-dessus du périphérique pour qu'enfin le rideau se lève. Le spectacle est grandiose ! Quelle mise en scène, les éclairages sont superbes ! J'irai bien tous les jours au théâtre dans ces conditions...

Nous faisons route au 270, et descendons vers 3000 pieds en attendant la rentrée du loc.
A gauche, Orly. En dessous, le périphérique et le stade Charléty. A droite, Paris dans toute sa majesté, dominée par la tour Eiffel.
Je devine Michel à l'arrière qui se contorsionne pour prendre un maximum de clichés, je perçois sa jubilation de "lécheur" de hublots, lui qui est sans doute parmi les cockpistonnés les plus assidus !
Déjà, droit devant, nous distinguons très clairement l'éclairage haute intensité de Toussus. Comment les conditions ont-elles pu être dégradées, alors que devant, c'est d'une totale clarté ???
Arrivés à 7,4 NM, nous commencons notre descente en suivant le glide.
Avant d'arriver en finale, le contrôleur nous diminue progressivement l'intensité de l'éclairage.
"Tout va bien pour l'instant nous demande-t-il ?"

"Méfiez-vous car le précédent appareil a eu des difficultés à l"arrondi, il y a une très fine couche de brouillard que l'on ne voit qu'au dernier moment et qui fausse l'estimation de la hauteur pour arrondir".
"Merci pour l'info mais pour l'instant, c'est parfaitement clair".
2 rouges, 2 blanches, 80 kts en courte, nous nous préparons néanmoins à une remise de gaz si nécessaire.
Le seuil de piste est franchi, encore quelques mètres et... SCHKLONG !
Il n'y a avait plus d'eau sous la quille, je comprends vite les difficultés évoquées par le contrôleur.
F-ZN a touché de tout son poids avant de rebondir.
"C'est un véritable appontage que tu viens de nous faire " me dit Yves.
Je ne me sens pas très fier de la situation, je pensais qu'il me restait 2 ou 3 mètres lorsque nous avons touché.
"C'est le métier qui rentre" ! Certes, mais quand même, j'aurai préféré un retour sur le plancher des vaches un peu moins violent !
Le roulage vers le parking fut limite délicat. Effectivement, une fois au sol, la visibilité est devenue très réduite et il a fallu coller "le nez au carreau" pour suivre la ligne jaune jusqu'au hangar.

L'ambiance sur le tarmac est irréelle, l'atmosphère est silencieuse, humide, brumeuse. Les rares éclairages dessinent des halos lumineux que Michel s'empresse de mettre dans la boite.
Une fois de plus, nous nous sommes régalés de cette escapade nocturne.
Comme le disait Ballavoine:

" Dieu que c'est beau !".

Et merci à Michel pour ses superbes photographies, témoins visuels indispensables des ces instants magiques !

Le bal des Vampires

Nous continuons nos vols de nuit sur ZN mais ce soir, plutôt que d'aller à Troyes, nous irons à Melun faire une visite un peu singulière...
Nous profitons du grand calme qui règne sur la plateforme pour enchainer les tours de piste de nuit, normaux tout d'abord, puis en simulant une panne de phares ensuite. J'ai eu beau me plaindre précédemment du manque de puissance des projecteurs du TB, je constate rapidement que lorsqu'ils sont éteints, l'arrondi devient nettement plus délicat, le trou noir ne permet pas d'appréhender précisement la hauteur pour cabrer. Dans ce cas, on se cale sagement à 300 ft/mn et on attend que ca touche !
Nous roulons ensuite jusqu'au bout de la piste 10, pour prendre un taxiway isolé au fond du terrain, sans aucun éclairage. Nous arrivons enfin devant un hangar où règne une froide ambiance de nuit d'hiver. Nous ouvrons délicatement les portes et ils sont là...
Les deux monstres d'acier: De Havilland Vampire. Deux versions du même appareil: monoplace et biplace.
Le DH100 Vampire est le second avion à réaction construit par le Royaume-Uni aussitôt après la seconde guerre mondiale, en 1945. Il pèse environ cinq tonnes et peut voler à 450 kts.
Le tableau de bord est légèrement plus complexe que ceux que nous avons l'habitude d'utiliser...
Le turbo réacteur De Havilland Goblin 35, d'une puissance de 1520 kgp.
Un autre vue du propulseur.
Le Vampire a une allure particulière au sol avec son arrière très bas. J'ai eu l'occasion de l'admirer en meeting içi à Melun, c'est un avion excessivement élégant en vol qui produit un sifflement très caractéristique.
Notre visite se termina par un pique-nique au fond du hangar, et une nouvelle annotation sur mon carnet de vol: "Apte variante VP - RU".

Vol de nuit en TB20



Arrivée vers 17 heures à LFPN, direction le hangar Tudair, véritable caverne d'Avion-Baba !
Jamais vu autant de belles bêtes sur si peu de mètres carrés, je ne sais combien de Mooney, dont le superbe Ovation de Michel Sardou, un Cessna C172 tout neuf équipé G1000, d'autres Cessna plus ventrus, des bimoteurs: Piper Saratoga et Beech trucmuche, un hélicoptère Robinson 44, un splendide SR 22 GTS, un énorme Piper Malibu tout de bleu marine vêtu, avec sa protubérante turbine ....Bref, que des choses ennuyeuses pour nous, pilotaillons du dimanche !Cela étant dit, une fois nos deux instructeurs arrivés (pas mal pour deux pilotes non ?), on commence à causer vol plus sérieusement, quoique... Yves, captain instructeur Air France en retraite sera notre maître de cérémonie et Sylvain, chef pilote Dassault Chavenay fera pour une fois le sac de sable, il est venu pour le fun faire un coup de TB20 de nuit. Bon c'est pas le tout mais il va falloir y aller, Christian fera l'aller en VFR de nuit, et moi, le retour en .... IFR de nuit.

Et ce soir, coup de bol, le vent est à l'ouest, donc la 25 en service à Toussus, et une procédure arrivée qui nous amènera au dessus de ... mais nous verrons cela plus loin !
Vidéo décollage
Décollage donc en 25 droite à Toussus, sortie par RBT, Etampes, VOR MLN puis direct Troyes.A mi-chemin, la nuit nous enveloppe progressivement, d'autant que nous volons vers l'est. Tout est calme à 2500 ft, et déjà dans le lointain, les lumières Troyennes pointent leur nez. Nous ferons une approche par le nord, sur la balise ILS/DME TY. 3 coups d'alternat pour allumer les "feux de la rampe", puis .... rien. Plusieurs essais, puis soudain, "Terre !", hé, ca va pas non ! nous sommes dans un avion, pas dans un bateau ! En fait, il est difficile de voir la piste avant d'être dans l'axe.Tiens ! La fiche du terrain précise qu' avec 7 coups d'alternat, on peut passer en haute densité, on essaie ? Je veux mon neveu ! Ouahou ! Là, c'est le feu d'artifice, trop même, ça en devient éblouissant, c'est vraiment fait pour les "bad conditions".Vidéo finale
Christian nous fait une belle finale en crabe, vent de travers oblige, la piste est une 18, avec un vent d'ouest, ça fait du plein travers. Finale, courte, arrondi, yop la boum, nous voilà sur le plancher des vaches, roulage dans l'obscurité, parce que le projecteur du TB20, c'est en gros la puissance d'une bougie, avec en plus un tableau de bord très haut, on roule en zig zag, comme les warbirds à train classique en meeting.
Vidéo atterrissage
Check arrêt, blousons, portefeuilles, et en avant à pied pour le Novotel situé à 5 mn de l'aérodrome, aéroport serait même plus exact, même s'il n'y a pas âme qui vive dans les parages.Bonjour Madame, peut-on, diner en moins d'une heure, on a un avion à prendre ?
Mais à cette heure il n'y a plus d'avion !!! s'étonne la serveuse. Si si, je vous assure, il y en a au moins un ... Ce sera donc trois entrecôtes, et une lasagne au saumon siouplait ! Les ventres bien remplis, une 'tite bière pour le patron, une 'tite carafe de rouge pour d'autres et ... une demi-Badoit pour moi, règlement et sécurité oblige, zéro grammes qu'ils disent dans les manuels ! Consciencieux, je me plie donc, à regret néanmoins, au règlement. Nous repartons donc repus et satisfaits retrouver notre fière monture. Bon, c'est pas le tout mais ça va être à moi, de plus, il ne faut pas traîner car Toussus ferme à 22h30. Préparation machine, mise en route, contact avec Melun pour la tant attendue clairance IFR pour LFPN. Approuvède ! qu'elle a dit la dame, direct VOR BRY, puis VOR MLN, balise OYE puis la 25 de Toussus, le tout au FL50. Je jubile, c'est moi qui vais faire tout ça, de nuit et en IFR. Si, si monsieur ! Et là on se dit une fois de plus: merde, j'ai vraiment loupé ma vocation ... mais peu importe, j'y suis, j'en profite et je croque à pleines dents !
Roulage, point fixe, check décollage, alignement en 18, et on envoie la purée ! Manche à droite, y'a toujours un peu de vent, rotation, vitesse ascensionnelle positive, train sur rentré, j'ai du mal à y croire, c'est moi qui fait tout cela. Et on monte gentiment dans le noir. Le calme et la plénitude sont impressionnants, j'ai toujours du mal à réaliser que je pilote la machine tellement c'est stable et facile. J'essaie de ne pas trop regarder dehors pour me concentrer sur le pilotage aux instruments, on monte doucement à 100 kts jusqu'au FL50. Dehors, c'est noir, tacheté de points oranges (déformation professionnelle), villes, villages, routes. Les feux à éclats du TB ponctuent et rythment notre vol. Tout semble facile et va très vite, je n'utilise pas le PA et les GPS, je veux tout faire à la "mano". Pour mieux profiter, mieux sentir, mieux vivre le vol. C'est donc avec l'altimètre et le HSI, calé sur BRY puis sur MLN que je "travaille". Et dire qu'il y en a qui sont payés pour faite ça, j'hallucine ... Enfin verticale MLN, cap au 330, je passe du HSI à l'ADF, calé sur OYE, la balise au nord est d'Orly. Devant, ça commence à s'éclairer dur, la capitale s'offre sous nos yeux.F-ZN, avec Orly approche, 123.87.
Orly 123.87, merci madame bonne soirée, ZN.
Orly bonsoir, F-ZN, niveau 50 direction OYE.
F-ZN Orly bonsoir, descendez 4000 pieds 1013, rappelez verticale OYE
On descend 4000 pieds 1013 et on rappelle verticale OYE zoulou novembre !OUAHHH, on cause dans le même poste que les pros, trop fort !
Et en bas, c'est mieux que chez Mickey, y'a des lumières partout. A notre gauche, la 26 d'Orly nous déroule le tapis, et les liners en finale nous passent sous les ailes. Là, je dois rêver, je me pince, non, non, c'est bien moi et je ne dors pas ! J'essaie d'apprécier chaque seconde qui passe, trop vite, mais c'est trop de bonheur à absorber, y'a un embouteillage dans la boite à plaisir ! Bon, revenons à la réalité:Orly de ZN, verticale OYE.
ZN, tournez à gauche au cap 310 et descendez 3000 pieds 1013.
A gauche au Trois Un Zéro, et 3000 pieds 1013 Zoulou Novembre.Un petit coup de manche à gauche, la pression à 20 pouces et on descend 1000 pieds/minute. Le chef nous dit que la dame, quand elle demande de passer de 4000 à 3000 pieds, la règle veut que ce soit fait en une minute, mais ho, on est pas pressurisés nous ! on descendra donc un peu moins vite, 5/600 pieds, faudra faire avec, on ne va quand même pas se péter les tympans quand même...
Et là, sur notre droite, tout y est, la "Vieille Dame", phallique symbole touristique de notre belle capitale, la tour Montparnasse, le périf, les extérieurs, le stade Charlety, même Roissy se devine au nord dans le lointain. JE VEUX FAIRE CA TOUS LES JOURS !!!!!!!!! Mais déjà , devant nous, la 25 de Toussus nous montre la route.ZN, passez avec Toussus sur 119.3 bonsoir.
Toussus 119.3, merci et bonsoir m'dame !L'ILS est déjà programmé dans la boite à coucou, et le localiser commence à rentrer, je le suis au manche à gauche, jusqu'à être parfaitement sur l'axe, le nez au 250°.Toussus de F-ZN, bonsoir, aligné sur l'ILS 25, 7 nautiques.
ZN bonsoir, rappelez 3.5 nautiques pour commencer la descente.
On rappelle 3.5 nautiques ZN.Ca passe vite, trop vite, beaucoup trop vite .... Nous voilà déjà à 3.5 nautiques et le glide est intercepté.
Toussus de ZN, à 3.5 nautiques.
ZN, autorisé bla bla, le vent bla bla...
Bon et bien voilà, il faut se préparer à l'arrivée, hélice plein petit pas, mixture plein riche, un cran de volets, vitesse 80 kts. Tout va bien, on est sur le plan, deux rouges, deux blanches. Le vent est quasiment dans l'axe, du gâteau... Tiens quatre rouges, hop, on limite la descente pour retrouver le plan, deux blanches, deux rouges.... Puis en courte, la mémoire me revient: "fais gaffe, de nuit on a toujours tendance à arrondir trop haut" qu'ils disent les anciens.OK, enregistré, j'arrive en très courte, on ne voit toujours pas grand chose avec les ampoules 0.3 watts de la bête... puis schklong ! Tiens, on est déjà sur la piste, j'ai oublié d'arrondir peut-être !J'ai fait un beau toucher 3 points ! C'est pas un train classique le TB20 ? J'avais oublié ... Piste dégagée, roulage au parking. A peine arrivés, quelques gouttes de pluies nous souhaitent la bienvenue, larmes de tristesse d'un vol déjà fini...
54 minutes de pur bonheur, on couvre le Trinidad de sa belle housse, cales aux roues, carnets de bord et de vol remplis.C'était vraiment de l'élixir de bonheur, non dilué, pur à 100%. On va vite refaire des économies pour y retourner, c'est vraiment trop magique...