Pourtant, au fil des heures qui noircissent avec le temps le carnet de vol, j'apprécie de plus en plus cette situation.
Elle ne semble pas à priori aussi "noble" que le privilège de la place avant gauche et pourtant, après un début de commencement d'expérience, il est finalement très enrichissant d'être spectateur, et quel spectateur !
Spectateur du paysage survolé d'abord, le "sac de sable" est autorisé à regarder ce qu'il veut, quand il le veut, et aussi longtemps qu'il le veut !
Spectateur du travail du commandant de bord ensuite. L'expérience est non seulement intéressante mais surtout très enrichissante, nous avons tous énormément à apprendre les uns des autres.
A chaque occasion de voler avec un autre pilote, à défaut de revenir sur terre plus intelligent, je reviens toujours plus expérimenté.
Voici donc quelques souvenirs d'un vol "sac de sable" entre Saint-Cyr et Dreux :
Chavenay, "mon" terrain vu de la sortie sud de Saint-Cyr.
Forêt de l'Eure et Loir.







Direction le poste à essence pour faire le plein de F-ZQ, puis décollage en 10, nous quittons le circuit de Chavenay par l'incinérateur, point de report officieux du terrain.
Nous volerons à 3000 ft jusqu'à Dreux en slalomant entre les nuages.
Posé à Dreux, puis attente dans le calme hivernal de l'heure de retour. Il nous faut partir ni trop tôt pour bénéficier de "l'allumage des réverbères", ni trop tard pour ne pas emplafonner la nuit aéro.
Nous profitons de ces instants de froide sérénité pour refaire le monde aéronautique, tandis que la verrirère de ZQ se couvre d'humidité.
Le vol de retour sera magique, le soleil disparait rapidement derrière l'ouest lointain.
Les brumes nocturnes s'élèvent sur les champs et petit à petit, les lumières apparaissent, Paris dans le lointain s'illumine également. Cela me rappelle l'éclipse de 1999, même ambiance feutrée, silencieuse et envoutante.
L'autoroute A13 devient un ruban lumineux, la lune fait son apparition et même le centre commercial de Plaisir révèle un charme insoupçonné.
Nous volons en silence, les yeux grands ouverts, Michel s'en donne à coeur joie et fait chauffer le moteur de son Canon !
Le temps presse à présent, nous profitons de tous ces derniers instants et serons les derniers posés ce soir à LFPX. 
Ce vol fut réellement un magnifique prélude au vol de nuit.